Le cadeau caché du coronavirus

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Bonjour à tous et à toutes

Après quelques heures en fin de semaine dernière passées dans la stupéfaction et la peur, (ah oui, le coronavirus et le confinement arrivent aussi chez nous) je ressors la tête de l’eau avec quelques pépites qui me soutiennent et me gardent dans l’espoir….

Loin de moi l’idée de minimiser la gravité de la situation, je voudrais juste continuer à trouver des raisons de me réjouir de la vie ! Voici donc les cadeaux que je perçois, tout d’abord à un niveau plus large (et je ne m’étendrai pas dessus) :

  • Nous pourrions peut-être éviter le pire du réchauffement climatique si…….
  • Le niveau de pollution baisse drastiquement avec les annulations de vols, les restrictions de déplacements et même si ça ne dure pas, c’est toujours bon à prendre
  • Les Etats-Unis sont en train de se rendre compte que leur système de santé, qui ne permet pas aux plus démunis de se soigner, ni de se confiner, met le pays entier en danger. Serait-il possible que cela permette un changement dans la prise en charge des plus fragiles ? Je veux y croire..
  • Notre président lui-même a mis l’humain avant l’économie !
  • Je vois de la solidarité partout autour de moi… Je vois des humains qui se jettent à corps perdu dans le métier de soignant, d’autres qui obéissent aux contraignantes règles de sécurité, des personnes qui cousent des masques, des gens qui chantent à leur fenêtre…

Mais surtout, j’ai envie de voir dans cet événement une incroyable invitation à nous poser les bonnes questions, individuellement et collectivement à de rebattre les cartes de nos vies.

Individuellement, certain.e.s d’entre nous ont enfin le temps de prendre le temps, de profiter de leur familles et amis (par téléphone) et il ne serait pas impossible que certain.e.s découvrent sous une pile de papiers un.e conjoint.e qu’iels avaient égaré.es !

En ce qui me concerne, j’ai eu la joie de voir mes ados venir jardiner avec moi, montrer un  vrai plaisir à venir cuisiner avec moi (ce qui arrive relativement rarement d’habitude) et là, nous venons de faire une séance de muscu-étirement collective et nous engageant à renouveler l’expérience tous les jours jusqu’à la fin du confinement. C’était bon !

Certes, la cohabitation, avec soi-même et avec les autres peut ne pas être facile tous les jours, après tout, nous ne vivons pas vraiment ensemble la plupart du temps. Entre le travail, les courses, l’école, et autres contraintes « obligatoires » quel temps reste-t-il pour se côtoyer ? Là, enfin, nous avons du temps. Quelles prises de consciences nous seront offertes par cette cohabitation forcée ? Verrons nous enfin que tout ce que nous considérons comme absolument nécessaire n’est peut-être qu’accessoire finalement ? (et je m’adresse en premier lieu à moi-même, en écrivant cela!)

Si nous avons du temps, nous pouvons enfin nous poser les questions essentielles : qu’est-ce que je fais maintenant ? Quelles sont mes forces ? Mes fragilités ? Où ai-je envie d’aller ? Qu’est ce que j’aime ? Qu’est-ce qui est important pour moi ?

Je ne peux plus autant me cacher derrière toutes mes obligations quotidiennes (quoique, vous je ne sais pas, mais moi, j’ai une capacité à m’en inventer de toutes pièces qui est totalement fascinante ! Nous sommes au 3e jour et je n’ai rien eu le temps de faire depuis le début.)

De ne rien pouvoir anticiper pour l’avenir (même si je vois bien que mon cerveau est en état d’activité intense et qu’il passe son temps à envisager toutes les possibilités qui lui viennent aux neurones) force mon moi conscient à faire face à ce qui reste de certitudes, à savoir, le présent. Et n’est-ce pas ce que les philosophes nous répètent à l’envi depuis des siècles voire des millénaires ? Comme le dit James Joyce, « Il n’y a ni passé, ni futur. Tout ce qui découle est un présent ».

Alors, je goûte au présent. Je prends le temps de le vivre, de le respirer, un peu plus que d’habitude.

Je profite aussi de ce temps-là pour me confronter à mes peurs et voir que ce ne sont que des pensées. Parce qu’en vrai, à cet instant, je vais bien. Évidemment, ce ne sera peut-être pas le cas demain. Évidemment, sans salaire pendant un ou plusieurs mois, la situation risque de devenir pour le moins tendue. Si les banques s’effondrent, si je ne peux acheter ma maison, si tout craque… si… Ces pensées ne me font pas de bien.. et quoi qu’il arrive, à ce moment-là, il sera toujours temps d’agir.

Mais ce jour, à cette heure, si aucun de nos proches n’est gravement malade, la plupart de nos drames n’existent que dans notre imagination. Et sont-ce là les pensées que nous voulons nourrir ? Est-ce avec la peur que nous voulons vivre ?

J’avais partagé sur FB il y a un moment ma pratique pour traverser les peurs et toutes les émotions difficiles. Je n’ai pas retrouvé l’article, mais en gros, il s’agit juste d’observer comment elles se manifestent dans nos corps. Pour moi, la peur fait parfois comme une boule dans la poitrine. D’autres fois, cela serre et comprime. Certaines émotions explosent en moi et j’ai l’impression que mes particules s’éparpillent… D’autres me rendent lourde et lente. Me relier à la sensation physique, me rappeler que je ne suis pas cette émotion, qu’elle ne fait que me traverser, que ce n’est qu’une sensation physique et rien de plus m’aide beaucoup.

Et puis, collectivement, si jamais l’effondrement n’est pas pour tout de suite, alors nous aurons eu le magnifique cadeau d’une répétition générale qui nous aura au moins permis de prendre conscience de la fragilité de nos situations. Extrême dépendance au système bancaire, à internet, aux transports aériens et routiers pour notre simple survie (médicaments, nourriture), au pétrole… etc. Si tout reprend comme avant, il nous sera même possible d’agir, plus tard, pour diminuer cette dépendance. Pour créer des communauté plus résilientes. Où on aura peut-être plus le temps de vivre. Et puis si cela ne suffit pas à nous réveiller, et bien, nous aurons d’autres coups de semonce qui nous rappelleront à l’ordre et nous questionneront sur le sens de nos vies…

Si vous avez envie d’échanger là-dessus, je vous propose à nouveau un temps de rencontre demain et les jours suivants. Demain je garde l’horaire de 13h30, mais à partir de vendredi, cela aura lieu à 10h30 (je cherche et j’ajuste au fur et à mesure que je teste des choses).

Ce temps durera 45 à 60 minutes selon le nombre de participant.e.s. Comme ce que j’ai envie de faire dans ce temps partagé s’affine, voici ce sur quoi je nous propose d’échanger demain (et probablement les jours suivants) pour celleux d’entre vous qui le souhaitent :

  • comment je vais, là tout de suite ?
  • une chose qui me fait peur dans la situation actuelle
  • une chose qui me réjouit ou me fait du bien dans la situation actuelle
  • une chose que je fais pour traverser cette période et qui me soutient vraiment
  • une chose que j’aimerais mettre en place pour avancer maintenant, avec ce qui est
  • une ressource extérieure si j’en ai, à partager aux autres (livre, film, article, etc)
  • et un dernier tour de parole pour voir à nouveau comment on va à la fin de cette discussion.

Et nous en profiterons pour chercher (je ne peux pas m’en empêcher, c’est ma plongée dans la CNV qui transpire de tous mes pores) quels sont les besoins qui sont nourris ou non dans cette situation et comment nous pouvons prendre soin de ceux qui crient, de là où nous sommes, avec les moyens que nous avons pour l’instant. Cela nous invitera peut-être à trouver de nouvelles stratégies pour avancer et prendre soin de nous.

Je vous souhaite le meilleur

Alice

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Cet article a 5 commentaires

  1. Alice

    Merci Cécile !

  2. Nathalie Moriau

    Bravo ❤

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