La joie : notre boussole intérieure

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La joie…, une boussole ? Comment ça ? Comme ça, vous allez voir…

Mais d’abord :

Qu’est-ce que la joie ?

Pour vous, je ne sais pas ; mais pour moi, la joie, c’est ce petit (ou ce grand) frétillement intérieur, ce pétillement des cellules de mon corps, ce sourire qui étire malgré moi mes lèvres, cet élan si fort d’aller vers ! La joie, c’est un moteur tellement puissant ! C’est mon corps qui se sent bien et qui dit à ma tête « oui, c’est ça ! »

La joie ne se trompe pas

Parfois dans nos vies, nous ne savons plus où aller, que faire, nous sommes un peu perdu.e.s…

Or, nous avons une boussole intérieure, une boussole très fiable, qui s’appelle la joie. La joie est un indice qui ne se trompe jamais. A moins d’avoir envie de vivre une vie misérable et triste, la joie est toujours l’indication que vous êtes dans la bonne direction. La joie n’est pas la même chose que le contentement, la sécurité, ou la tranquillité, qui sont des indicateurs intéressants aussi, mais qui racontent autre chose. Et attention, pas de jugement. On peut préférer la sécurité à la joie. Le tout, c’est de le faire en conscience.

Mais revenons à la joie.

La joie dit : c’est là que c’est bien d’être. C’est ça que je veux faire, c’est là que je veux aller.

Et ça vaut pour tous les aspects de notre vie. Par exemple :
Ai-je de la joie à voir les gens que je vois, à pratiquer les activités que j’ai l’habitude de pratiquer, à faire le métier que je fais ? A regarder/écouter les émissions que je regarde et écoute ? Ai-je de la joie à faire mes courses à cet endroit, à acheter ce truc-là ? Ai-je de la joie à faire le ménage de cette façon (ou à le faire tout court, parfois?) ? Et encore, ai-je de la joie à embrasser cette personne ? A tondre ma pelouse, allumer le barbecue ? Si vous répondez oui, génial, vous savez que vous pouvez continuer. Si vous répondez non, génial, vous avez de la marge pour changer des choses dans votre vie !

Vivre la joie

Penser notre vie en terme de joie, c’est se donner une plus grande chance de la vivre. Et la mettre au centre, c’est, petit à petit, se réaligner avec soi-même.

La vie est longue et courte à la fois. Et comme le dit mon amie Laurence, « on est trop vieilles pour continuer à faire des trucs qui ne nous apportent pas de joie ».

Bien sûr, il y a des circonstances ou on fait des détours par des moments inconfortables… mais si on garde l’idée de la joie en ligne de mire, ça nous permet de ne pas nous perdre. Par exemple, chaque veille de stage, je stresse à mort, je m’en veux presque de m’être fourrée dans une galère pareille et je me dis que je vais changer de métier, que celui-ci est trop stressant. Mais dès que le stage commence, je suis à ma place. Et c’est infiniment joyeux, pour moi, que de partager du mouvement, des réflexions, des moments avec des gens, dans ces temps un peu suspendus que sont les moments de stages. En plus, j’adore aussi les préparer, cogiter à ce que je vais proposer et pourquoi… Alors, la joie que je sais que je vais vivre m’aide à passer la nuit de quasi insomnie qui précède le stage et le mal de ventre dû au trac qui commence la veille (et parfois trois jours avant) et ne s’arrête qu’après le stage commencé.

J’essaie de ne faire que des choses qui me donnent de la joie. Quand je fais autrement, je m’en veux, j’en veux aux autres, je deviens désagréable, bref, c’est rarement très probant. Alors que rendre un service quand j’ai l’élan et la joie de le faire, mais oui ! Arroser le jardin quand c’est ma promenade du soir et que je dis bonjour à chaque fleur et chaque légume, oui ! Mais quand je me dis que je dois le faire… Ben non, en fait. Ca attendra que j’aie envie.

Les complications

Ce n’est pas politiquement correct

Dans mes rares moments de pause, je me demande « qu’est-ce qui me rendrait la plus joyeuse ? »… et parfois, les réponses ne sont pas très politiquement correctes ! Je me souviens avoir annulé une date de spectacle parce que je voulais absolument participer à un stage unique qui réunissait des enseignants que j’adore en contact impro et – cerise sur le gâteau, une conférence de Steve Paxton, une de ces personnes pour lesquelles j’éprouve une gratitude infinie.

Le devoir me disait d’aller travailler, ce n’est pas comme si on croulait sous les dates à l’époque… mais tout en moi se resserrait et se crispait à l’idée de louper cette incroyable semaine de rencontres, de danses, de… Et je me souviens en avoir parlé avec ma fille qui m’a regardé comme si j’étais une extraterrestre, elle avait 10-12 ans à l’époque et elle m’avait dit «  non mais c’est mort, tu vas faire ton stage et c’est tout ! ». Et ainsi en fut-il.

Ce n’est pas toujours très confortable

Mais choisir la joie n’est pas toujours très confortable. Parfois, ça bouscule l’idée que vous vous faites de qui vous êtes. Par exemple, vous vous considérez comme quelqu’un sur qui on peut compter et un beau jour, impossible de tenir vos engagements sans vous priver d’un événement qui vous donnerait tellement de joie… alors, allez-vous vous en tenir à la version de vous que vous voulez donner à voir au monde ? Ou envoyer balader vos propres diktats intérieurs ? Parfois, c’est une attirance pour une personne qui ne correspond pas à l’image de la personne qu’on aurait aimé aimer… Parfois, c’est quitter un travail sérieux pour un autre, qui vous fera gagner deux fois moins d’argent mais vous amusera dix fois plus… Bref, ce n’est pas toujours très confortable.

Cela ne semble pas toujours très raisonnable.

Et c’est rarement ce qui vous fait passer pour une personne raisonnable et responsable. Peu importe, peut-être. Mais quand même, moi, on m’a appris qu’il y a des choses qui se font et des choses qui ne se font pas. Or, il se trouve que beaucoup des choses qui me donnent de la joie ne se font pas tellement. J’adore lécher mon assiette quand il y a un truc bon dedans. Parfois j’ai envie de danser ou chanter dans la rue. M’habiller de couleur hyper vives. Quand j’ai fait mon site, les personnes qui m’accompagnaient dans sa création m’ont dit « c’est coloré quand même. Et c’est très très saturé ». Certes. Mais ça me rend joyeuse, moi, ce rose pétant et ce jaune soleil. Est-ce que j’ai besoin de couleurs tristes pour avoir l’air sérieuse et professionnelle ? Euh… ? Peut-être. Et bien tant pis.

 

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Alors, que faire quand on l’a perdue ?

Parfois, on est vraiment au fond du trou et plus rien n’a de goût. Dans ces cas-là, la joie est juste un souvenir lointain et parfois, il nous semble que c’est un paradis perdu qu’on ne retrouvera jamais.

Si vous êtes dans ce cas-là, je vous propose deux pistes que j’ai explorées, traversées et qui m’ont bien soutenu.

La gratitude

La première, c’est la gratitude. Chaque jour, j’essaie de noter trois choses pour lesquelles j’ai de la gratitude. Dans les périodes où je vais bien, je ne sais pas quoi noter tellement il y a d’instants et d’événements merveilleux dans une journée. Cela va du rayon de soleil qui a caressé ma joue, au repas délicieux que je me suis cuisiné, au cours de danse que j’ai donné ou pris, à la rencontre géniale avec telle ou telle personne, bref ; je m’applique à sélectionner les trois choses principales avec la conscience que j’en laisse beaucoup d’autres de côté. Mais quand j’allais vraiment mal, c’était un vrai casse-tête que de trouver chaque jour trois choses pour lesquelles je pouvais avoir de la gratitude.

Je ressors mes cahiers de l’époque et je lis « j’ai mangé une mousse au chocolat » « la bouillotte était bien chaude » « j’ai vu une vidéo inspirante » « un copain a accepté de conduire mon fils » « le ciel était beau » « j’ai vu un vol d’étourneaux »… J’observe, en relisant ça, que je me suis concentrée sur la beauté, sur ce qui était accessible facilement, à l’extérieur de moi. Ce qui n’avait pas nécessité des efforts que de toute façon je ne pouvais pas faire. Et que j’ai vraiment cherché des toutes petites choses (la bouillotte ! Le ciel!) parce qu’il n’y en avait pas de grandes, de toutes façons.

Mais le seule fait de prendre ces 3 ou 5 minutes par jour pour chercher du positif, c’était déjà quelque chose qui me faisait du bien. C’était laborieux, parfois même triste (de se rendre compte que c’était si laborieux) mais au final, je trouvais tous les jours quelque chose à voir, à apprécier, à remercier. Et c’était une petite victoire joyeuse sur le désespoir.

Aller chercher la joie

L’autre chose que j’ai commencé à faire, mais j’allais déjà un peu mieux, c’était de mettre des choses en place activement pour aller vers la joie. De décider de faire chaque jour un truc qui me mettait en joie, même pas longtemps.

De prendre le temps de regarder le ciel, puisque j’avais noté la veille que ça m’avait fait du bien. Ou de mettre une musique pour danser trois minutes. De faire un effort pour sortir de mon engourdissement et cuisiner quelque chose de plus revigorant qu’une énième tartine de pain avec un bout de fromage. Parfois, même, de prendre mon tel pour appeler une copine. Quand j’avais mis en place cette routine de faire chaque jour un truc joyeux, j’avais rapidement remarqué que ma joie augmentait au fur et à mesure que j’y travaillais.

La liste de mes joies

Et puis, j’ai fait des listes.
J’ai fait la liste de toutes les ressources dont je disposais pour pouvoir la regarder les jours où même trouver une idée pour me faire du bien était impossible. Et je l’ai mise à un endroit accessible.

J’y ai noté toutes les personnes ressources que je peux appeler en cas de cafard. J’y ai noté les livres qui me font du bien, les podcasts ou émissions qui me font rire (rire, c’est bon!) ou réfléchir de façon constructive. Et j’y ai noté les activités que j’aime vraiment faire et dont j’ai envie de me souvenir quand le simple fait de s’habiller le matin est un effort. Nager, marcher, danser, chanter, écrire, dessiner… J’y ai noté aussi, quelques phrases inspirantes.

Encore plus tard, j’ai fait un grand collage qui représentait toutes les choses joyeuses que je veux mettre au centre de ma vie. Je l’ai accroché dans ma chambre et j’ai passé des heures à le regarder.

Et vous ?

Et pour vous, c’est quoi ? Quelles sont vos ressources ? Où sont vos joies ?

Quels sont les personnes auprès desquelles vous vous sentez vraiment bien, libres d’être vous-mêmes, serein.e.s? Les activités qui vous ressourcent ? Les petites joies faciles, qui ne demandent pas d’être déjà en forme pour pouvoir les goûter (si vous aimez le deltaplane et que vous êtes épuisé.e.s, pas sûr que vous aurez assez d’énergie pour faire la route avec le bouzin, tout installer, etc, alors que ressortir ce super bouquin qui vous avait fait hurler de rire, c’est peut-être à votre portée.) Les plats que vous aimez particulièrement ? Les musiques qui vous font planer ? Les personnes ou spectacles qui vous font rire ? Et si vous en repreniez une petite dose ? Voire plusieurs petites doses ? Ou même une grande ?

Les autoroutes de la joie

La joie, la tristesse, c’est aussi une affaire d’autoroute de nos émotions. Notre cerveau nous emmène là où c’est le plus facile, il suit la pente en quelque sorte. Si nous sommes habitués à suivre des chemins de tristesse, des routes régulièrement empruntées, bien entretenues, c’est là qu’il nous amène spontanément, sans effort conscient de notre part. A nous de le rééduquer petit à petit, de désherber les chemins inaccessibles de la joie pour qu’ils deviennent plus praticables ! On appelle ces chemins des chemins neuronaux et ils se renforcent avec la pratique. Ou disparaissent si on ne s’en sert pas ! Vous pouvez aller écouter Rick Hanson pour creuser la question (je n’ai pas vu toute la vidéo mais ce que j’ai entendu m’a beaucoup intéressée).

Alors, joie, joie joie, les ami.e.s. Sinon, quoi d’autre ?

 

Je serai vraiment ravie, contente, osons le mot, joyeuse même, de lire vos remarques, commentaires, partages sur la joie, comment la vivre, comment la retrouver, ne pas la perdre, les chemins qu’elle vous fait parcourir, le sens qu’elle donne ou pas à votre vie… Dites-moi tout en commentaire ou message privé ! Et belle joie à toustes.

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Cet article a 6 commentaires

  1. Agnès

    J’adore la contemplation du grand collage de toutes les choses qui t ‘amènent de la joie et que tu souhaites cultiver au centre de ta vie <3

    1. Alice

      Ca m’avait fait un bien fou de le faire et le regarder me procurait un sentiment de paix incroyable. Il est resté accroché dans ma chambre jusqu’à mon déménagement !

  2. Sylvain

    J’ai découvert la soupe courgette-menthe, et en même temps j’ai découvert -oh surprise- que mes filles aimait ça. Et ça, c’est la fête

    1. Alice

      Ah mais c’est trop chouette ! Je suis sûre que j’aimerai ça aussi. Tu partagerais la recette ?

  3. Céline

    Prendre le temps de faire les choses me rend heureuse.
    Me lever à 9h aussi. Tarder le soir sans m’inquiéter du lendemain, parce que je sais que je pourrai dormir jusqu’à 9h.
    Lire sans limite à l’ombre d’un arbre, faire du vélo en ville, voir mes enfants heureux, donner des ateliers de BMC à des enfants ou des adultes… Accueillir leurs sourires, leurs retours sur leurs ressentis.
    Coudre pour mes proches, marcher dans la nature, rêver à un changement de vie (un chalet dans la montagne, boire l’eau de la source, respirer l’air pur et élever des moutons).
    Regarder mon amoureuse dormir, mesurer ma chance…
    Dessiner sans craindre que ça ne serve à rien…
    Choisir des livres, porter un pull en laine, et des chaussettes en laine aussi !
    Jouer au bord de l’eau avec mes enfants et un bon ami qui sait jouer aussi, comme quand on avait 10 ans.
    Me réjouir d’une journée ensoleillée, voir mes élèves et mes enfants réactiver et s’approprier des apprentissages vécus avec moi quelques mois/années avant.
    Écouter de belles chansons… Voir mes amis danser et danser moi aussi… Plonger dans un bal trad comme dans un bain chaud et vivant.
    Répondre au sourire de mes collègues le matin.
    Retrouver mon amoureuse sur un quai de gare, ou le soir, n’importe où…
    Tenir un nouveau-né dans mes bras et sentir l’odeur du lait caillé…

  4. Alice

    Oh, merci tellement pour ce partage ! Tout me fait envie dans ce que tu nommes (tu permets que je te tutoie ?). Je me reconnais dans à peu près tout sauf les chaussettes en laine qui grattent trop pour moi :-).
    J’aimerais bien faire un grand livre de tout ce qui donne de la joie aux gens. Peut-être qu’un jour je m’y mettrai ! En attendant, merci de l’avoir partagé en commentaire ! Ca fait déjà un petit début de recueil, avec les autres commentaires.

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