A 13 ans, comme la plupart des personnes nées avec un utérus, j’ai eu mes règles.

J’avais lu « Des cornichons au chocolat » où l’héroïne passe son temps à se demander quand ça va arriver et j’avais été au club santé du collège donc je savais à quoi m’attendre.

Néanmoins, c’était légèrement contrariant.

J’ai mis un tampon et j’ai décidé de ne plus m’en occuper.

C’est ce que j’ai continué à faire les 30 années qui ont suivi.

J’ai la chance de faire partie de ces femmes qui n’ont jamais eu mal au ventre et j’ai donc pu ignorer totalement le phénomène. Pour moi, les règles étaient simplement ce truc qui arrive tous les mois, pas trop pénible mais pas non plus franchement agréable, qu’on supporte parce qu’en contrepartie ça nous permet de porter des enfants.

La découverte, il y a 16 ans, de la coupe menstruelle m’a permis d’y penser encore moins, vu qu’on peut la garder deux fois plus longtemps qu’un tampon. En réglant un problème écologique, je me simplifiais la vie et évacuait encore plus loin la question de ce sang qui coulait.

Et puis je suis tombée un beau jour sur le livre de Miranda Grey, « Lune rouge » que j’ai vaguement feuilleté et qui disait ce truc totalement révolutionnaire pour moi, à savoir que les règles font partie d’un cycle (ça m’avait échappé) et surtout que chaque phase du cycle a son rythme et son énergie propre. Personne ne m’avait jamais dit ça ! J’ai commencé à m’observer d’un œil sceptique. Et oui… oui, j’avais moins d’énergie pendant les règles, oui, je déchirais tout la semaine d’après et si j’avais procrastiné trois jours sans culpabiliser, alors je rattrapais mon retard sans effort très rapidement. Et oui, oui, 2 jours avant les règles, je me faisais une petite crise de déprime. J’ai mis des années à l’anticiper et à la vivre moins mal. Avant, c’est quand mes règles arrivaient enfin que je me disais « ah oui, c’est pour ça que j’étais angoissée ».. Maintenant j’angoisse moins parce que je connais la raison de cette angoisse.

Donc même si je ne l’ai pas vraiment lu sérieusement, ce livre a pas mal bouleversé ma vie.

Plus récemment, j’ai entendu parler de « non incontinence » des règles. Sans blague ! Ça m’a fait un autre genre de choc. Je vous explique en deux mots : il y a des femmes qui n’ont pas besoin de mettre de protection  hygiénique ( ce terme me hérisse le poil, mais je ne vais pas développer maintenant) parce qu’elles sont capable de sentir le flot venir et de le retenir jusqu’à ce qu’elles puissent aller aux toilettes.  Parce qu’on ne saigne pas toute la journée, mais par moments. Chose qu’évidemment j’ignorais totalement puisque je n’ai jamais, au grand jamais, laissé le sang couler hors de moi naturellement. Evidemment, depuis, j’ai essayé.
Alors oui, je sens quand ça va couler. Oui, je peux attendre quelques seconde avant de tremper ma culotte. Mais c’est une gymnastique. Qui demande de ne pas être trop absorbée par l’activité en cours ! Et le sang qui coule n’est pas un sang « tout propre » bien liquide et bien rouge. C’est un peu plus… varié que ça. Impossible de ne pas se souvenir que c’est une muqueuse en cours d’autodestruction…

Sentiments mitigés. Cette tambouille interne est tout de même surprenante. Fascinante mais pas totalement ragoûtante. Pour l’instant. J’ai bon espoir de continuer à faire évoluer mon regard sur mon corps et sur mes règles. De les apprivoiser avant qu’il ne soit trop tard. Ben oui. Dans quelques années, ce sera fini et il est temps que je me penche enfin sur la question.

 

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