Parfois, j’ai honte d’être heureuse…

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Parfois, j’ai honte d’être heureuse

Il y a des périodes dans ma vie où tout semble aller mal. Je me sens nulle, moche, lourde, mal en point. Ma vie ne ressemble à rien, les projets rament, les relations humaines sont compliquées, j’ai peur de l’avenir, je trouve que les gens autour de moi ne vont pas très bien non plus… bref, tout est dur.

Et quand c’est dur, c’est dur… mais c’est normal. Et quelque part, tout va bien !

Et puis, il y a ces périodes où tout est léger. Je me lève avec le sourire aux lèvres, les projets qui semblaient ne pas avancer depuis des mois fleurissent tout à coup comme après un long hiver et les couleurs jaillissent de partout… Les gens me sourient dans la rue et ça me réjouit, les relations avec les personnes qui m’entourent sont fluides, j’ai l’impression d’être l’être humain le plus chanceux au monde. J’ai des ami.es merveilleu.ses.x des enfants extraordinaires (bon, ça, c’est un peu tout le temps) et je me sens bien même sans raison !

Sauf que..

Je culpabilise.

Parfois, même, j’ai carrément honte. J’ai l’impression de trahir mes frères humains (mes sœurs aussi). De les abandonner à leur triste sort… pendant que je plane sur mon nuage. Ingrate que je suis.

Ca me fait ça depuis toute petite. Ou plutôt, ça me faisait ça.

J’osais pas toujours assumer, quand ça allait bien. Dire que c’était facile. Que la vie était belle. Que j’avais de la chance… J’osais pas chanter à tue-tête (aujourd’hui toujours pas, mais maintenant, j’ose fredonner, je progresse quand même). Et le pire, c’est quand je voyais des gens qui triment, qui rament, qui galèrent pour des raisons familiales, professionnelles ou des questions de santé. Là, franchement, avec mon petit bonheur, je me sentais parfois carrément pouilleuse. De quel droit moi j’allais bien quand d’autres allaient mal ? De quel droit je leur balançais mon bonheur à la figure quand d’autres semblaient porter à chaque pas tout le poids du monde ? Hein? Franchement ?

Et en même temps… J’avais assez conscience que tout ça, c’étaient des histoires que je me racontais. Je savais bien, d’’une part, que je ne balançais rien à personne, je me contentais d’être. D’autre part, être solidaire dans le malheur et le désespoir c’est une chose, mais y plonger en prétendant soutenir son prochain, j’avais conscience que ça n’avait jamais aidé personne.  Ma pauvreté ne rendait personne riche, ma fatigue ne reposait personne, ma tristesse ne rendait personne plus heureux. Bien au contraire.

J’avais aussi remarqué que quand c’était moi qui allait mal, quand je ramais et trimais, rien ne me faisait plus de bien que de voir des gens qui avaient le sourire, voyaient la vie en plus rose que moi et me transmettaient leur énergie positive !

Oui. Mais bon… quand même…

Quand même… ça ne changeait rien.

C’est en réfléchissant à cet article que j’ai remarqué que les choses avaient enfin commencé à bouger. En ce moment par exemple… Ben, en fait, ça va et ça va. C’est très nouveau.

Je pense que c’est parce que je partage ma joie.

Concrètement, je suis plus capable d’être présente à ceux que j’aime et qui ont besoin de soutien : j’ai de l’espace mental pour les écouter, un peu temps parce que je ne cours moins comme un poulet sans tête, de l’énergie pour supporter les choses lourdes. Et des outils aussi, maintenant (merci la CNV). J’ai plus confiance dans ma capacité à absorber les choses qui se présentent à moi. Avant, il pouvait m’arriver de fuir les difficultés des autres parce qu’elles me mettaient moi-même trop en difficulté (mais c’est une autre histoire).

Je suis passée de la pensée « il paraît que quand on va bien, on peut faire du bien aux autres » (qui n’était qu’une pensée en surface et ne suffisait pas à dissoudre honte et culpabilité) à l’expérience de « quand je vais bien, je vois que je contribue pour les autres ».

Ah, mais c’est bon comme prise de conscience !!!

Donc, le nouveau titre de l’article que vous venez de lire est : « Parfois, j’ai honte d’être heureuse… mais de moins en moins. »

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Cet article a 6 commentaires

  1. Laure de Cazenove

    Lectrice inconditionnelle ! Merci Alice pour tes mots 😊💕.

    Un soleil dans mon coeur
    L’amour à la fenêtre
    C’est le matin

    1. Alice

      Merci beaucoup, je suis heureuse de savoir que tu apprécies ce que tu lis… Et suis contente d’avoir de tes nouvelles !

  2. christine nabat

    ces mots sont beaux, ces réflexions tellement vraies. CONTINUE

    1. Alice

      Merci. Je continue… avec tes encouragements !

  3. Laure Abécassis

    L’autre Laure t’embrasse et se réjouit avec toi! Love!!

    1. Alice

      🙂 !!!!!!!!!!

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